mercredi 14 juillet 2010

Al Céfiro
Oda sáfica

Esteban Manuel de Villegas
(1589–1669)


Dulce vecino de la verde selva,
Huésped eterno del abril florido,
Vital aliento de la madre Venus,
Céfiro blando;

Si de mis ansias el amor supiste,
Tú, que las quejas de mi voz llevaste,
Oye, no temas, y a mi ninfa dile,
Dile que muero.

Filis un tiempo mi dolor sabía;
Filis un tiempo mi dolor lloraba;
Quísome un tiempo, mas ahora temo,
Temo sus iras.

Así los dioses con amor paterno,
Así los cielos con amor benigno,
Nieguen al tiempo que feliz volares
Nieve a la tierra.

Jamás el peso de la nube parda
Cuando amanece en la elevada cumbre,
Toque tus hombros ni su mal granizo
Hiera tus alas.


Au Zéphyr
Ode saphique

Esteban Manuel de Villegas
(1589–1669)


Gentil voisin de la verte brousse
Hôte éternel de l’avril fleuri
Souffle vital de la mère Vénus
Ô, doux zéphyr ;

Si de mes peines, l’amour tu as su,
Toi que les plaintes de ma voix tu pris,
Écoute, sans peur, et à ma fée dis-lui,
Dis-lui, je meurs.

Phylis naguère ma douleur savait ;
Phylis jadis ma douleur pleurait ;
M’aimant un temps, mais à présent je crains,
Je crains ses rages.

Qu’ainsi les dieux, d’un amour soucieux,
Et que les cieux, d’un amour bénin,
Refusent, le temps de tes doux envols,
La neige au sol.

Que jamais le poids de la nuée brune
Au point du jour sur les hautes cimes,
Ne frôle ton épaule, ni sa méchante grêle
Ne blesse tes ailes.

Traduction par
Jean-Yves Marin
(France, le 13-07-2010)

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